Les réseaux sociaux comparent Yamal à Pelé, les experts le placent dans les prochains Ballon d'Or, les supporter blaugrana imaginent déjà cinq Ligue des champions avec lui. Pendant ce temps, le gamin vit sa deuxième Coupe du Monde depuis que Cristiano et Messi ont quitté le football.
C'est étouffant, même à lire de l'extérieur. Imaginons pour lui.
Notre époque a perdu patience. Nous voulons tout tout de suite. Une preuve d'excellence ? Yamal en montre. Résultat : nous le projeton déjà en légende. Nous oublions que même les plus grands ont eu le droit à une montée en puissance. Même Messi, même Ronaldinho, même Iniesta ont connu des phases d'apprentissage.
Yamal joue magnifiquement. Oui. Mais il a 17 ans. Il peut échouer. Il peut se blesser. Il peut avoir un moment de doute. Il peut découvrir que le football compte pour moins dans sa vie qu'autre chose. Rien de cela ne serait une catastrophe – ce serait humain.
Le pire service qu'on puisse rendre à un jeune talent n'est pas de le critiquer. C'est de le déifier. De le placer si haut qu'une saison ordinaire devient une déception, qu'une blessure devient un drame personnel. De le transformer en projet, en mission, en responsabilité.
Yamal mérite du respect, pas de l'adulation étouffante. Laissons-le grandir à son rythme. Les cracks naturels n'ont pas besoin de notre pression pour devenir grands. Ils ont juste besoin d'espace pour respirer.