Depuis que Yamal a commencé à performer en Liga, la comparaison avec Lionel Messi est devenue un passage obligé dans chaque article le concernant. C'est compréhensible : même poste, même club, même profil gaucher depuis la droite, et des statistiques jeunes qui se rapprochent. Mais cette comparaison, si elle est flatteuse, pose aussi un problème réel pour la compréhension de ce que Yamal est en train de faire.
Le problème de l'échelle
Le premier problème, c'est l'échelle. Messi a remporté 8 Ballons d'Or et 4 Ligues des Champions. Le placer comme référence pour un joueur de 18 ans crée une attente que personne dans l'histoire du football n'a été capable de satisfaire. Même Messi ne devenait "Messi" qu'à 22 ou 23 ans, après des années de progression régulière que l'on a tendance à oublier quand on se souvient uniquement de la légende.
Elle efface les qualités propres de Yamal
Le deuxième problème, c'est qu'elle efface les qualités propres de Yamal. Il n'est pas un clone de Messi — il est un joueur différent, avec ses propres forces. Sa vitesse linéale est supérieure à ce qu'était Messi au même âge. Sa capacité à créer des occasions depuis le couloir droit est peut-être plus immédiate. Mais il lui manque pour l'instant le sens du but instinctif que Messi avait très jeune. Ce sont des profils distincts, et les traiter comme identiques ne rend service ni à Yamal ni à l'analyse objective de son niveau.
La bonne façon d'apprécier Yamal
La meilleure façon d'apprécier Yamal, c'est de le regarder pour ce qu'il est : un joueur qui évolue à 18 ans au niveau d'un top 5 européen à son poste, dans un grand club, avec une régularité qui n'a rien d'un accident. C'est déjà suffisamment remarquable pour mériter l'attention — sans avoir besoin d'un fantôme légendaire pour lui donner de la valeur.